L’aube est proche

Le jour se lève

Sur ton dos.

Dans la courbe de tes reins

Le monde me sourit ;

Sur le papier de ta peau

L’odeur feutrée de l’amour.

*

L’aube est proche.

Le feu s’éveille,

Le jour s’allonge,

s’étire dans une éternité de braise.

Je n’ai pas le cœur à te raconter

Ni à te retenir

Et pourtant…

il y a tant de larmes à verser

A l’idée de te perdre.

*

L’aube est proche

Mais la nuit s’en vient.

Les heures sont comptées,

Le temps s’emballe.

Je ne cherche pas à t’impressionner

Seulement à t’observer.

Quelque part au fond de tes pupilles

J’écoute ta tristesse ;

Et là, sur ton sourire,

J’entends l’espoir.

Ton corps est ma partition :

Je ne sais pas encore la jouer.

Je la déchiffre

dans la nuit blanche de nos étreintes.

A cet endroit précis où le cerveau s’oublie

et le corps s’abandonne.

Nulle place pour le doute :

Les étoiles m’ont tout dit.

J’ai leur secret bien scellé

Au creux de mon épiderme.

*

L’aube est proche

… et le temps…

aurait pu assécher

Le puits de ta poitrine

… et pourtant…

Les anges entourent

Ton lit de roses.

Et moi, dans ce même lit,

Offerte comme la vie :

Impertinente.

Je compose notre mélodie,

contemple ta nudité

dans ses espaces les plus abrités

et sa matière la plus brute.

Nulle honte, nulle vulgarité

Dans l’alcôve silencieuse.

Uniquement le Désir

Déposé sur tes lèvres

de plumes.

J’aime ce que ta peau

Me raconte de toi :

Tes ressacs et tes douleurs ;

Tes complexes et tes craintes.

J’adore ce que tes mains

Me révèlent de moi :

Traumas, rêves, émois,…

Cartographie sensible

de mon histoire personnelle.

*

L’aube est proche.

Et le monde se dissout

Quand nos peaux se contactent

Et nos yeux se touchent.

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